Vexillologie et Héraldique Provençale
Vallée du Jabron
La Communauté de Communes de la Vallée du Jabron a été créée en 2002 (arrêté préfectoral du 23/12/2002). Elle regroupe 7 communes des Alpes de Haute Provence et 1 de la Drôme.
Elle comporte 1364 habitants.

http://www.pays-sisteronais-buech.fr/
Noyers-sur-Jabron (376 h)
Nouyés

De gueules à une fasce d’argent, chargée du mot NOYERS de sable et accompagnée de trois étoiles d’argent, deux en chef et une en pointe
Armorial Général 1696 Provence II p 1320
Les restes d’un temple de Mars ont été découvert à Chènebotte. La localité est citée pour la première fois à l’occasion de la victoire de saint Bevons sur les Maures au Xe siècle à Peyrimpi.

Au Moyen Âge, l’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Cruis, abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église. La seigneurie appartient aux d’Agoult du XIVe au XVe siècle, et aux Clermont aux XVIIe-XVIIIe siècles. En 1516, les habitants de Noyers et de Ribiers s’opposent à propos du bornage de leurs terres : la dispute dégénère en combat sanglant, qui donne lieu à un procès de longue haleine.

En 1884, la commune est touchée par une épidémie de choléra : elle cause 7 morts.

d'azur, à une cigogne d'argent, dans un marais de sinople
Armorial Général 1696 Provence II p 1351
La commune de Jarjayes lui est rattachée en 1832.

Citée dès le XIe siècle (Gargaia), la communauté de Jarjayes (Jarjayo) compte 99 habitants en 1765.
Achard indique: d'azur au cygne d'argent passant sur un terrain de sinople
Bevons (167 h)

Bevoun

d'or à un grand B capital en coeur, accosté à dextre de quatre carreaux et à senestre de cinq carreaux, rangés en fasce, le tout de sable
Armorial Général 1696 Provence II p 1319
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1273, sous le nom de Beontio, qui viendrait de saint Bevons, retiré sur la commune. Selon Ernest Nègre, le nom viendrait du gaulois viso, signifiant digne, apte. Enfin, selon Charles Rostaing, le nom de la localité est formé sur une racine oronymique (désignant une montagne), toponyme qui est probablement antérieur aux Gaulois.

Blason représenté dans le village: les points ont remplacés les carreaux

D’or à un grand B capital de sable, adextré de quatre pointes du même, rangées en fasce, et senestrée de cinq pointes du même, rangées aussi en fasce.
De Bresc dans son Armorial des Communes de Provence dessine des pointes à la place de carreaux

Wikipédia fait son interprétation personnelle de la description de Bresc.
Châteauneuf-Miravail (75 h)

Castèunòu-Miravalh

http://www.cdf-chateauneuf-miravail.fr/


Au 1er, d'or à un arbre de sinople arraché et fusté au naturel, mouvant d'un croissant d'azur ; au 2ème d'azur à un lion d'or, lampassé et armé de gueules
Il s'agit des armes des Silvestre et des Arnaud, qui possédaient cette seigneurie en 1696 (Armorial Général  Provence II p 1325)
De l’époque gallo-romaine sont datés un autel à Mars, des traces d’habitat au lieu-dit la Vachette, une tombe du IIe siècle à Combe-Chaude.
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1062 (Castello novo). Le nom Châteauneuf-lès-Moustiers est une francisation de l’occitan castèl noù. Le village a aussi été appelé Châteauneuf-sur-Saint-Vincent ; la forme Castrum Novum de Miravals apparaît au XIIe siècle.
Durant la Révolution,  la commune change de nom pour Auche-la-Garde.
Curel (52 h)


Parti d’or au dauphin d’azur barbé, crêté, lorré, oreillé et peautré et lorré de gueules et d'azur à la fleur de lis d’or surmontée d’un lambel de gueules.
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1274.
Selon Charles Rostaing, le nom s’est formé sur la racine oronymique (désignant une montagne) *KuR-, le village étant bâti sur une colline. Selon Ernest Nègre, le nom du village vient d'un nom propre romain, Cyrillus, sans certitude.

Parti d’or au dauphin d’azur barbé, crêté, lorré, oreillé et peautré et lorré de gueules et de gueules à la fleur de lis d’argent surmontée d’un lambel du même, le tout sommé d’un chef d’argent chargé de l’inscription « CUREL » de sable.
Les Omergues (121 h)

http://les-omergues.over-blog.com/


De gueules à une croix de Malte d'or, soutenue d’une fasce en devise abaissée d’or, sur laquelle est écrit le mot OMERGUES, en caractère de sable.

La croix de Malte rapelle que le hameau de Villesèche était un fief de la commanderie de Malte jusqu'au XVIIIe siècle.
Aux Crottes, se trouve un oppidum.
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1155.
Sans certitude, il avance que le nom vient de l’occitan liso (limon) et marga (boue), qui aurait donné lis Oumergue, ou leis Amergue, le lis ayant été interprété comme un article.

L’ordre du Temple y avait des biens, qui furent attribués à l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Au XIIe siècle, l’église Saint-André de Villesèche était un prieuré de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon.

La paroisse de Villesèche lui est rattachée au XIXe siècle.

En 1884, le village est presque entièrement dépeuplée par l'épidémie de choléra : seul un enfant survécut (surnommé « Lou Reste dou coulera »). Les premiers cas survinrent en août : le bilan d’une trentaine de morts au 17 août, suscita l'envoi de sauveteurs de Sisteron. Le maire se contente de fuir l'épidémie, et est suspendu par arrêté préfectoral.

Armorial Général 1696 Provence I p 361
Sur le dessin original de l'Armorial, la croix était blanche (d'argent) et non jaune (d'or).
Saint-Vincent-sur-Jabron (183 h)

Sant Vincèns


D'argent à une guivre de sinople, tortillée en pal ; écartelé d'azur à une colombe d'argent becquée et membrée de gueules
Le village est assez souvent désigné sous le nom de Miravail pour le distinguer des villages du même nom. Ses armes sont celles de la famille de Fauris qui posséda pendant longtemps cette terre, et dont les deux derniers représentants, magistrats intègres et savants distingués, sont connus bien au delà de toute la Provence.
En 1964, des tombes gallo-romaines ont été mises au jour sur le territoire de la commune ; une villa romaine a aussi été découverte au lieu-dit Villelongue.

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1031, alors qu’elle se situait sur un sommet proche de son site actuel et qu’il appartenait à l’abbaye de Cruis. Le village a changé d’emplacement pendant la guerre de Cent Ans. Le nouveau village s’est doté d’une enceinte fortifiée. Le fief relève alors des Mévouillon (XIIIe et XIVe siècles), puis il passe aux Curet (XVe et XVIe siècles) et enfin aux Fauris jusqu’à la Révolution.

Le village est occupé par les Huguenots pendant les guerres de religion, puis repris par les catholiques, qui abattent le mur d’enceinte. Celui-ci est rétabli, jusqu’à ce que le Parlement de Provence ordonne sa démolition.

Pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Montrocher ou Vincent-la-Lauze, selon les sources.

En 1884, la commune est touchée par une épidémie de choléra : elle cause 5 morts.

Armorial Général 1696 Provence II p 1328

Armoiries de Christophe de Fauris
Armorial Général 1696 Provence I p 361
Valbelle (232 h)

Vaoubello


de gueules à ne tour crénelée d'or, portillée, ajourée et maçonnée de sable, accompagnée à dextre de la lettre L et à senestre de la lettre B du second
Armorial Général 1696 Provence II p 1325
De source locale, les initiales authentiques du village sont L et B et non pas V et B. Le village était, en effet, nommé autrefois La Tour de Bevons, ceci explique ces deux lettres, et ne s'est appelé Valbelle que sous Louis XIV, qui fit don de cette terre aux Tourves Valbelle, vieille famille provençale, afin qu'une terre portât leur nom.
Les grottes des Peyrourets ont été fréquentées au néolithique. Des découvertes archéologiques attestent de la fréquentation de Valbelle à l’Âge de bronze.

Le bourg, cité en 1419, s’appelait la Tour de Bevons  (Turris Beoncii) ; ses seigneurs, les Valbelle, changent son nom en 1687. Les détenteurs du fief sont les Mévouillon (XIIIe siècle-XIVe siècle), puis les d’Oraison aux XVe et XVIe siècles, et enfin les Valbelle jusqu’à la Révolution.

La communauté médiévale de Quinson, qui comptait 11 feux au dénombrement de 1315, est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Valbelle au XVe siècle. Probablement au XVIe, le village, établi sur une hauteur (où se trouvent deux tours en ruines), est abandonné et détruit pour gagner l’emplacement actuel.

Au Moyen Âge, les églises des communautés de la Tour et de Quinson dépendaient de la collégiale de Cruis, qui percevait les revenus attachés à ces églises.

de gueules à une tour crénelée d’or, maçonnée et ajourée de sable, adextrée de la lettre V d’or et senestrée de la lettre B, du même
De Bresc se trompe en indiquant en 1866 les lettres V et B pour Valbelle
Montfroc (80 h)
pas d'emblème
Montfroc, bien qu'étant dans la vallée du Jabron quasi entièrement intégrée aux Alpes-de-Haute-Provence, fait partie de la Drôme du fait que les limites départementales font une virgule descendant dans la vallée du Jabron. La largeur de cette virgule oscille entre 700 et 300 mètres. Des deux côtés du village et de son territoire communal, et c'est ce qui fait que Montfroc est une des rares communes inaccessible par la route depuis son département, ce sont les Alpes-de-Haute-Provence.
Les illustrations sont des photographies de l'auteur.