Enclave des Papes
En 1317, après son élection à Lyon, le Pape Jean XXII, très malade, au cours d'une étape sur le chemin d'Avignon, goûta un vin de Valréas. "Il s'en trouva fort ragaillardi", et même très vite guéri. Il conclut que ce vin était miraculeux. Aussi, pour en disposer à sa convenance, il acheta la cité au Dauphin du Viennois. L'Eglise, héritant les biens des Templiers, Richerenches agrandit le territoire en 1320, puis Visan en 1344 et Grillon en 1451. L'Enclave était née !

A la formation des départements, l'Enclave des Papes resta attachée au Comtat Venaissin et donc au Vaucluse, par la volonté de ces habitants de rester provençaux, malgré son isolement dans la Drôme.

http://www.cc-enclavedespapes.fr/

La Communauté des Communes de l'Enclave des Papes a été créée par arrêté préfectoral en date du 31 décembre 1992.

Valréas (9 683 h)

Vauréas

http://www.valreas.net/

d'azur à un croissant d'argent, posé en coeur, accosté de deux clefs d'argent, posées en pal.

Devise: Salva re, claves regat deus (l'état étant sauf, que Dieu prenne les clefs).

Cette armoirie date du milieu du XVIe siècle.

Valeriacum, le domaine de Valère, n'est qu'une petite bourgade qui prend forme sous le règne de Charlemagne. Au siècle des Lumières, Valériacum devient Valérias, puis Valrias (Vaurias en provençal), traduit ensuite en Vaulréas ou Vauréas pour prendre son appellation actuelle au XIXème siècle.

A l'origine la Ville appartient à plusieurs coseigneurs, placés sous la protection de divers suzerains. En 1317, le pape Jean XXII leur achète Valréas qui est ainsi mise sous l'autorité des Etats du Saint-Siège.

Au XVIème siècle, la judicature de Valréas regroupe 32 communes. Mais Valréas fait déjà figure d'exception puisque son territoire est séparé du reste du Comtat Venaissin par une bande de terre dauphinoise sur le domaine du royaume de France.

La Révolution marque un tournant incontournable dans l'histoire de la Cité en ordonnant son rattachement (tout comme celui d'Avignon) à la France. Le canton se limite alors à quatre communes (Valréas, Visan, Grillon et Richerenches) qui décident de se rattacher au département de Vaucluse.

Au début du XIXème siècle s'amorce une véritable révolution industrielle : l'élevage du ver à soie - la sériciculture devient prépondérante. Un sériciculteur qui restera célèbre, Auguste Meynard, demande à Ferdinand Revoul, de lui confectionner des petits coffrets en carton pour la conservation des graines de vers à soie. Cette technique de fabrication s'étend ensuite aux boîtes de confiserie, à la parfumerie, aux produits pharmaceutiques. Elle entraîne la création des industries de l'imprimerie et de la lithographie. Valréas connaît alors ses heures de gloire en devenant capitale européenne de l'industrie du cartonnage, encore très présente aujourd'hui.

Sur la mairie flotte ce drapeau mi jaune, mi-rouge aux couleurs de la Provence.

Grillon (1 732 h)

d'azur au lion d'or tenant une grille du même, au chef cousu de gueules chargé d'une clef d'or et d'une clef d'argent passées en sautoir.

Le dessin du blason est un rébus sur le nom du village: grille-lion.

Les deux clefs sont le symbole de la papauté.

Cité en 1136 : "De Grilione".

Co-seigneurie jusqu'au 13ème puis fief des Montauban et, en 1294, d'Adhémar de Lombers; bien pontifical ensuite, échangé avec le Dauphin contre une partie de Montélimar.

Pendant les guerres de Religion (1562), le baron des Adrets s'empara de Grillon et s'y maintint un an.

Dans les cavités entourant le village, les habitants fabriquaient jadis de la poudre de contrebande.

C'est le blason sur fond de gueules, lion et clefs d'argent qui est affiché dans le village.

Visan (1 638 h)

D'azur au dauphin d'or, à la fasce d'argent brochant.

La version visible dans le village ajoute le nom sur la fasce blanche.

Le dauphin rappelle que le village appartenait au Dauphin du Viennois.

Armes de 1756, accordées par le vice-légat d'Avignon.

Ancien vicus entre les mains de propriétaires libres groupés autour de l'église paroissiale Saint-Martin.

Au 10ème, construction du château par le seigneur portant le nom du lieu (Hugues de Visan).

Cité au 12ème "Avisanum".

Charte de franchises au 13ème.

Fief des barons de Mévouillon, passe aux dauphins du Viennois qui y frappèrent monnaie, puis terre pontificale jusqu'à la Révolution.

La commune eut à souffrir des guerres de Religion au cours desquelles elle changea plusieurs fois de mains ; le château fut détruit par les troupes calvinistes du baron des Adrets.

Richerenches
(663 h)

Richérencho

http://www.richerenches.fr/

d'argent à un chêne blanc de sinople, fruité de sable.

Armes données par le cardinal Julien de la Rovere qui devint pape sous le nom de Jules II (1503-1513).

Cité en 1135-1139 : "De Ricarenchis".

En 1136, le seigneur Hugues de Bourbouton (petite seigneurie à 2km de Richerenches) fait don de certaines terres à l'Ordre du Temple, dont celle de Richerenches, alors inhabitée et inculte.

La première Commanderie des Templiers de Provence y est créée. Les marais sont asséchés et la production agricole s'oriente autour des élevages de chevaux et moutons. C'est au cours de l'année 1138 que la Commanderie des Templiers atteint son plein développement, elle devint chef-d'ordre ou préceptorie (les autres commanderies de Provence en dépendaient) et l'un des plus grands haras de France. La même année, Hugues de Bourbouton entre dans l'ordre comme chevalier et fait don de tous ses biens : il devint commandeur.

Après la suppression de l'ordre du Temple, Richerenches passa aux Hospitaliers, puis au Saint-Siège et devint l'une des communes de l'Enclave.

En 1335, les lieux furent dévastés par Raymond de Turenne.

Le bourg, abandonné au 15ème, fut repeuplé à la suite d'un acte d'habitation passé en 1502 par le Collège de Roure.

Bourbouton, dévasté au 14ème, avait disparu à la fin du Moyen Age (quelques vestiges de nécropole).

Marché de la truffe.

La Commanderie des Templiers est décoré de blasons.

Les illustrations sont des photographies de l'auteur ou proviennent des sites indiqués sur la page.