Duyes et Bléone


http://www.ccdb.fr/
La communauté de communes de Duyes et Bléone a été créée en 1992 et comporte 7 communes. Le territoire couvre une superficie de 159 km² et regroupe une population de 3300 habitants, soit une densité de population d'environ 21 habitant au km².

Mallemoisson (993 h)

Marameissoun

http://www.mairie-mallemoisson.fr/
  
 
D'azur à une gerbe d'or sommée de deux colombes affrontées d'argent la becquetant.
A gauche, le blason actuel de la commune.
A droite la version originale de l'Armorial Général Provence 2 page1919
Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Mallemoisson. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création.
Le village appartenait à l’abbaye de Cluny au XIIIe siècle. La communauté, qui s'appelait les Cathelières au milieu du Moyen Âge, relevait de la baillie de Digne.
Mallemoisson est désigné dans les bulles des Papes relatives à l’église de Digne, sous le nom de Ecclésia sanctoe Marioe de Mannano le nom de Mallemoisson. Malamessis (Mauvaise moisson : du fait que les moissons étaient pillées par les oiseaux)
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 3 habitants de Mallemoisson sont traduits devant la commission mixte.
La Libération de Mallemoisson est marquée par le passage d’une colonne de la 36e division d’infanterie (US), le 19 août 1944, venant de Malijai et se portant en renforts d’une colonne secondaire stoppée à Digne, afin de prendre à revers la garnison allemande de Digne.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée dans la commune sur 47 ha, pour la consommation locale. Une partie de la production était vendue à Digne. Cette culture a aujourd'hui presque entièrement disparu.
Le château est démoli en 1951
Le Chaffaut-Saint-Jurson  (843 h)

Lou Chaffaou

http://www.randomania.fr/lagremuse-village-perche-abandonne/


 D'azur à une tour d'or sur quatre piliers du même

Armorial Général Provence 2 page1921
Des quatre communautés médiévales (Le Chaffaut, Espinouse, Lagremuse et Saint-Jurson) qui forment l’actuelle commune, trois relevaient du diocèse de Digne, Espinouse relevant de Riez.
Les Galbert étaient seigneurs du Chaffaut ; le fief fut ensuite partagé entre divers seigneurs, dont la ville de Digne au XVe siècle. Guillaume Roquete, viguier de Tarascon (1341), damoiseau, fut coseigneur du Chaffaut.
Espinouse (Spinosa, au XIIIe siècle), compte 63 feux en 1315, puis 36 en 1471 après la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans). En 1765, le village compte 228 habitants. 
Saint-Jurson apparaît en 1171 dans les chartes, puis au XIIIe siècle : Sanctus Georgius de Sargano. À la fin du XIIe siècle, le pape Alexandre III demande à l’évêque de Digne d’intervenir auprès du seigneur de Gaubert qui harcèle les habitants de Saint-Georges. En 1225, le pape Honorius III renouvelle cette demande. L’église relevait de l’abbaye de Lérins qui percevait les revenus attachés à l’église, située alors avec le village sur une hauteur un km environ à l’Est du site actuel. La communauté comptait 15 feux en 1315, est complètement dépeuplée par la crise du XIVe siècle. En 1765, le village, qui relève de l’abbaye de Lérins, a 46 habitants.
Le fief d’Espinouse est érigé en marquisat en 1651.
La commune actuelle est formée par la fusion du Chaffaut et de Lagremuse en 1887 (Le Chaffaut-Lagremuse), puis de cette nouvelle commune avec Saint-Jurson en 1962 (sous son nom actuel), puis enfin avec Espinouse en 1973.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée dans les trois communes du Chaffaut, de Lagremuse et de Saint-Jurson.
   
Ecartelé du 1er et 4e à un faucon de sable longé et grilleté de gueules, au 2e et 3e de gueules à trois pals d'or et une cotice de sable brochante sur le tout
A gauche la version fausse de Bresc (Armorial des communes de Provence 1866)
A droite la version originale de l'Armorial Général Provence 2 page1930
Lagremuse comptait 80 habitants en 1765. Sur la carte de Cassini (1778-1779), la commune s’appelait La Gramuse, du nom du petit lézard gris qui se dore tranquillement sur les murs et murets, au soleil brûlant de l’été.
Thoard (737 h)

Thouar

http://www.thoard.fr/



Fascé d’or et d’azur de six pièces, et un franc-canton d’argent, chargé d’une fasce de sable.
Ce sont les armes de la famille Barras brisées d'un franc-canton.
Ces armes sont indiquées dans
l'Armorial Général Provence 2 page1934

Elles sont reprises par une association.
La localité est signalée pour la première fois dans les chartes au premier tiers du XIe siècle. Au Moyen Âge, la ville est fortifiée d’un mur, qui subsiste en partie, avec un donjon. La seigneurie, initialement aux Barras, se partage entre 11 coseigneurs (Barras et Baschi) à partir du XVIIe siècle, d’où le surnom de Thoard-le-Noble et plusieurs châteaux. La communauté relevait de la baillie de Digne. L’abbaye de Ganagobie possédait le prieuré Saint-Pierre-d’Albère, face au hameau des Bourres. Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne Ire, Rainier Rainier et Ameil Ferraud, co-seigneurs de Thoard, soutiennent Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Les ralliements successifs des villes autour de Thoard à la cause angevine, fin 1385 et début 1386, entraîne leur changement d’engagement, et ils prête hommage au jeune duc d’Anjou, Louis II, en juillet 1386.
Les trois paroisses de la commune étaient à Thoard, Saint-Martin et Vaunavès (dont dépendait La Pérusse). L’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église et relevait du diocèse de Gap, comme celle de Vaunavès. Beaucouse formait un fief distinct au Moyen Âge, réuni par la suite à celui de Thoard. Le fief de La Pène ne fusionna pas avec celui de Thoard
La Réforme connaît un certain succès à Thoard, et une partie des habitants se convertissent. Malgré les guerres de religion, une communauté protestante se maintient au XVIIe siècle autour de son temple, grâce à l’édit de Nantes (1598). Mais l’abolition de l’édit de Nantes (1688) lui fut fatal, et elle disparut, ses membres émigrant ou étant convertis de force.
Thoard est chef-lieu de canton à la Révolution française, et perd ce rang au début en 1801 en étant rattaché au canton de Digne
En 1973, la commune de Thoard fusionne avec celle de La Pérusse, présente dans les chartes au XIIIe siècle (Perucia).
 
D'argent à une tour maçonnée de sable surmonté d'un T de même et autour de l'écu est écrit Thoard
Armes citées par Achard et Feraud.
Ce sont des armes qui portent des tours qui sont présentes dans le village.
C'est l'emblème utilisé par la municipalité.

D'azur à une bande d'or, accompagnée en chef d'une colombe s'essorant d'argent et en pointe d'un lion d'or.

Ces armes sont celles de la famille de Roux seigneurs en 1696 du village.
La communauté de La Pérusse comptait 7 feux au dénombrement de 1315, mais est dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et est complètement désertée en 1471. Comme à Thoard, l’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Chardavon. En 1765, la communauté reconstituée comptait 58 habitants.
Mirabeau (494 h)

http://www.mirabeau-lez-digne.fr/



De gueules à deux fasces d'or

Ces armes sont celles de la famille de Glandevès seigneurs en 1696 du village
La localité apparaît pour la première fois au XIIIe siècle dans les chartes (Mirabellum, Belle Vue). Le prieuré Saint-Jean-de-Barrabine dépendait de l’abbaye de Ganagobie, qui percevait les revenus attachés à cet établissement, qui servait également d’église paroissiale au Moyen Âge.
La communauté de Beauvezet est signalée en 1200 pour la première fois (Belvezer). Le prieuré Saint-Christophe (ou Saint-Christol) dépendait de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, qui en percevait les revenus. La communauté comptait 12 feux en 1315, est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Mirabeau au XVe siècle. Les deux communautés relevaient de la baillie de Digne.
Beauvezet connaît une brève existence de commune indépendante en 1790-1794, avant d’être à nouveau rattaché à Mirabeau.
C’est au XVIIIe siècle que le village de Mirabeau se forme, autour du hameau du Riou. Auparavant, la population était dispersée en de multiples petits hameaux.
Barras (158 h)


Fascé d'or et d'azur de 6 pièces
En 1070, un certain Féraud fait don du fief de Beaucouse (aujourd’hui dans la commune de Thoard) à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. L’essentiel du territoire de la commune de Barras relève de ce fief, donc Barras a pour seigneur l’abbaye Saint-Victor. À cette époque, il y avait un grand domaine (villa) à Saint-Domnin, où l’abbaye installe un prieuré, qui a dû passer à l’évêque de Gap au XIVe siècle.
La communauté médiévale de Barras se caractérise par l’habitat dispersé. Elle compte 37 feux au dénombrement de 1315. Elle est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et est complètement annihilée au dénombrement en 1471. Le fief de Barras, plus petit, appartient aux comtes de Provence jusqu’en 1297, lorsque Charles II de Provence le donne à une famille noble qui prend le nom de son fief (famille de Barras donc). Cette famille perdura jusqu'au XIXe siècle et donna de nombreux officiers tels que Jean-Antoine de Barras de la Penne (1650-1730) et que Jacques-Melchior Barras de Saint-Laurent (1719-1793).
La communauté de Tournefort était plus importante que celle de Barras au Moyen Âge : elle comptait 48 feux en 1315. Mais elle est elle fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle, déclarée inhabitée en 1400 et annexée par celle de Barras au XVe siècle. À la même époque, des routiers s’emparent du château de Tournefort et menacent la région par leurs raids et leurs pillages. Après le siège réussi du château de Briançonnet (dans le même cas), l’armée levée par Sisteron vient mettre le siège devant celui de Tournefort en 1393 et en expulse les brigands.
L’église dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église.
La société patriotique de Barras est créée en 1791 : c’est l'une des premières des Basses-Alpes, cette précocité étant probablement due au fait que son curé, Jean Gaspard Gassend est député aux États généraux. Elle correspond à la fois avec le club des Jacobins et celui des Feuillants
Le Castellard-Mélan (50 h)

http://www.castellard-melan.fr/

D'or à un château de gueules, ajouré de sable.
Au Moyen Âge, les Barras ont construit deux châteaux forts au Castellard (XIIIe siècle). Ils sont seigneurs de Melan du XIVe siècle à 17894, et prélèvent prélèvent un péage sur la route de Sisteron à la vallée de la Bléone. L’église Sainte-Madeleine dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église.
Les deux communautés relevaient de la viguerie de Digne. L’actuelle chapelle de la Madeleine, située sur l’ancienne limite entre les deux communes, était possédée en indivision par les deux communautés, et était église paroissiale pour les deux. Chaque 22 juillet, les deux communautés se retrouvaient pour le pèlerinage commun, pèlerinage qui s’est maintenu après la construction des églises paroissiales aux deux villages, vers le XVIe ou le XVIIe siècle.
Pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune du Castellard, qui s’appelait auparavant Châtelard, change de nom pour Rocher-Sec.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les villages du Castellard et de Melan sont détruits par les Allemands qui pensaient que les villageois soutenaient les maquisards.
Les deux communes du Castellard et de Melan ont fusionné en 1973. La nouvelle commune porte le nom de « Le Castellard-Melan » jusqu'au 1er janvier 2010 où l'orthographe est modifiée en « Le Castellard-Mélan »

Fascé  d'or et d'azur de six pièces à un griffon de gueules brochant sur le tout

Le fascé vient de la famille des Barras. Le griffon de la famille des Monier qui leur succéda par mariage.


De Bresc donne une version erronnée du blason dans son Armorial des communes de Provence de 1866
Durant la Révolution, la commune de Melan compte une société patriotique, créée après la fin de 1792.
La Deuxième République, amenée par la révolution de 1848, est une période mouvementée dans l’histoire de la commune. Après des promesses de démocratisation et de république sociale, c’est une république conservatrice qui s’installe, réprimant le camp progressiste. Dès 1848, Pierre Magnan est condamné pour avoir pris comme enseigne Le café des montagnards à Mélan (par référence à la Montagne de 1792-93). Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en application de l’article 110 de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : Mélan, avec deux habitants traduits devant la commission mixte, est relativement peu touchée. L’un des deux condamnés est Pierre Magnan. Après avoir participé à l’insurrection départementale contre le coup d'État, il s’est caché dans les montagnes. Condamné par contumace, il est poursuivi sans relâche par la gendarmerie et finalement arrêté en mai près de Feissal (actuelle commune d’Authon), avant d’être déporté en Algérie.
Hautes-Duyes (35 h)
D'azur à un chevron d'or accompagné de trois cailloux du même, deux en chef et un en pointe.

Les cailloux rappellent le martyr de St Etienne provencalisé en St Estève.
La commune est formée de la fusion de celles d’Auribeau et de Saint-Estève en 1973.
Saint-Estève est cité pour la première fois au XIIIe siècle (Sanctus Stephanus), et compte 26 feux en 1315, et 139 habitants en 1765. Les deux communautés relevaient de la baillie de Digne.
Saint-Estève appartient aux comtes de Baschi du XVe au XVIIIe siècle, et le fief de Bachy-Saint-Estève est érigé en marquisat en 1715. Un noyau de protestants se maintient à Saint-Estève jusqu’à la fin du XVIIe siècle et utilise la chapelle et le cimetière Notre-Dame.
Durant la Révolution, Auribeau compte une société patriotique, créée après la fin de 1792, ainsi que Saint-Estève. Pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, cette seconde commune change de nom pour L’Arc-des-Duyes (parfois orthographié Larg-des-Duyes).

D'azur à un moulin  à vent d'argent sur un mont d'or et un soleil du même naissant de l'angle dextre du chef.
Auribeau apparaît vers 1200 dans les chartes (Auribellum), compte 26 feux en 1315 et 3 en 1471. Son nom provient d'aura bella: bon vent.
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