Vexillologie et Héraldique Provençale
Haute-Bléone

La communauté de communes de Haute-Bléone a été créée en décembre 2003 et regroupe 1700 habitants de 6 communes des Alpes de Haute Provence.
La Bléone, dont le nom signifie "la rivière du loup", est une rivière de 67,5 km.
Sa source est située dans la commune de Prads-Haute-Bléone. 
Le Brusquet (992 h)

http://www.le-brusquet.fr/
  

d'or à une plante de bruyère de sinople
(Armorial de Provence II  p1947)
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1050 (de Brusco). Le nom serait formé du mot bruc (bruyère) et du suffixe -et, désignant une étendue couverte de quelque chose

La colline de Lauzière, à 950 m d’altitude, est choisie pour construire un château au XIIe siècle. La chapelle castrale, Sainte-Marie-de-Lauzière, relève en 1180 du chapitre de Digne. Le château est abandonné au XVe siècle, les guerres de religion achevant de le ruiner. La chapelle est aménagée en ermitage, et continue d’être modifiée jusqu’à l’époque moderne.

Il est probable que le village actuel soit un déplacement de la communauté d’Eusira, citée en 1251, établie sur la colline de Lauzière au Moyen Âge, et qui se serait établie sur l’emplacement actuel au XVe siècle, le Brusquet préexistant à ce déplacement. Une autre communauté médiévale, le Mousteiret, est rattachée au Brusquet à la même époque.

Les éveques de Dignes étaient barons de Lauzière dont dépendaient Drais, Marcoux, Mousteiret, Tanaron et Le Brusquet.

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 17926. Le Brusquet est chef-lieu de canton au début de la Révolution, et absorbe la commune voisine de Mousteure avant 1794.
La Javie (341 h)

La Javio

http://www.rue89.com/


De gueules à un château d’argent, maçonné de sable, surmonté d’un soleil d’or.
(Armorial de Provence II  p1919)
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1049 (Gaveda). L’abbaye Saint-Victor de Marseille avait des biens dans la commune. Le fief était partagé entre plusieurs familles nobles. 

Située sur le chemin entre les vallées de l’Ubaye et de la Bléone, La Javie accueille une foire à la fin du Moyen Âge. Un péage taxe les commerçants qui passent d’une vallée à l’autre.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, destruction du groupe scolaire, consécutive au bombardement aérien américain (par une escadrille de P 47 Thunderboldt basée en Corse) du 16 août 1944 qui visait les ponts de la Javie sur la Bléone et l'Arigeol. 2 personnes furent tuées, l'institutrice par la bombe qui a touché le groupe scolaire et la mairie, et un jeune homme sur le pont de l'Arigeol. 

La commune a rajouté une pairle au blason de l'Armorial.

De gueules à un château d’or, maçonné de sable, surmonté d’un soleil d’or.
(Armorial de Provence II  p1919)
La communauté de Chaudol (ou Chaudon), cité dès le VIIIe siècle, et qui comptait 26 feux en 1315, est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et rattachée à celle de La Javie au XVe siècle.

D'azur à deux trompettes d'or passées en sautoir.
(
Armorial de Provence II  p1920)
Esclangon est cité au XIIIe siècle (Sclangone ou Esclangoun). La communauté compte 11 feux en 1315, et 5 en 1471. En 1765, il y a 32 habitants.

La commune est rattachée à La Javie en 1973
Beaujeu (155 h)

Beoujuec


Une motte castrale avait été construite dès le XIe siècle au lieu-dit la Tour.

Le terme désignant la localité en 1147 vient du latin bellom jugum, signifiant Beau Mont. Devenu Bèl jog, une confusion de sens s’insinue avec l’occitan bèl joc, qui signifie beau jeu en français

La baronnie de Beaujeu s’étendait sur les communautés de Mariaud et du Clucheiret. Un péage était établi sur la route du col de Labouret à la fin du Moyen Âge.

Les Hugues étaient barons de Beaujeu à la fin du XVIIe siècle.

Echiqueté d'or et d'azur.
(Armorial de Provence II  p1928)
D'après De Bresc, ce sont des armes parlantes:
Echiquier, table pour jeu d'échecs, beau jeu
Prads-Haute-Bléone (147 h)

Prats Auta Blèuna

http://prads-haute-bleone.mairie.com/

http://fguerraz.free.fr/


D'or à une fasce d'azur accompagnée de six trèfles de sinople, rangés trois en chef et trois en pointe.
(Armorial de Provence II  p1921)
La commune de Prads fusionne avec celle de Mariaud en 1973. Celle de Blégiers les rejoint en 1977, et l’ensemble est rebaptisé Prads-Haute-Bléone.

La localité de Prads apparaît pour la première fois dans les chartes en 1251 (de Pratis). Elle se situait à la jonction des évêchés de Digne, Senez, et Embrun.

L’abbaye de moines cisterciens Notre-Dame de Faillefeu est fondée en 1144.

D'azur à une montagne d'or sur une mer d'argent
(Armorial de Provence II  p1924)
Armes parlantes en prenant en compte le mauvais jeu de mot: "In mare altum"
La communauté de Mariaud apparaît dans les textes en 1218 (Mariaudum). Ce nom de lieu dérive du nom propre romain Marianus, qui a évolué vers de Mariaudo.

Doté d’un consul dès 1237, elle compte 50 feux en 1315, mais seulement 10 en 1471. Elle a 195 habitants en 1765.

D'azur à une main dextre de carnation parée d'argent mouvante du bas du flanc sénestre et tenant trois épis de blé d'or.
(Armorial de Provence II  p1970)
Blégiers, apparu au XIIe siècle (Bligerium), est doté d’un consulat au XIIIe siècle. Bligerio est dérivée du nom propre germanique Blidegarius.

Elle passe de 81 feux en 1315 à 14 en 1471. En 1765, elle a 257 habitants.

La seigneurie du lieu appartient successivement aux familles Grimaldi (XIVe siècle), Puget et Eissautier.

D'or à trois marmites de sable, deux en chef et une en pointe
(Armorial de Provence II  p1929)
Armes parlantes: en provencal, oulo veut dire marmite.
Au dénombrement de 1315, les communautés de Chanolles (Canoulo) et Champourcin comptaient 8 feux chacune. Fortement dépeuplées par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans), elles sont annexées par celle de Blégiers au XVe siècle.
Draix (87 h)

Draï


D’azur à un crible d’or
(Armorial de Provence II  p1931)
Armes parlantes: en provencal, drai est le nom du crible à nettoyer le blé.
Une motte castrale est élevée au XIe siècle au lieu-dit la Tour. La localité appartenait au chapitre de Digne depuis le XIVe siècle.

Le village de la Roche-de-Draix lui est rattaché au XVe siècle.

La commune fusionne avec celle d’Archail (Archail-Draix) de 1973 à 1979
Archail (7 h)



D'azur à un aigle surmontant une montagne.
La localité apparaît pour la première fois dans les textes vers 1200, sous la forme de Archallo. L’origine du nom serait celto-ligure, et signifierait devant les rochers.

La seigneurie sur Archail était partagée entre les évêques de Digne et le chapitre de Digne avant la Révolution française.

La commune fusionne de 1973 à 1979 avec Draix, sous le vocable Archail-Draix.

Les illustrations sont des photographies de l'auteur ou proviennent des sites indiqués sur la page.
Rectificatif sur le texte de La Javie de Mme Besson.