Interdépartementale des Baronnies

Les Baronnies (en occitan lei/las Baroniás) sont une région naturelle et historique entre le sud de la Drôme, l'ouest des Hautes-Alpes, et le nord de Vaucluse.
Les Baronnies tirent leur nom des Barons de Mévouillon et de Montauban qui, du XI au XIIIe siècle avaient acquis une grande indépendance sous la suzeraineté lointaine des Empereurs d’Allemagne. Ces deux seigneuries furent définitivement annexées au Dauphiné en 1315 et 1317, avant d'être cédées, comme partie de cette principauté, au royaume de France en 1349.
Rosans (521 h)

http://www.rosans.com/

http://pagesperso-orange.fr/edouard.begou/


D'azur à trois roses d'argent disposées 2 et 1, au chef d'or.

Le blason apparut en 1929 la première fois sur le cachet de la mairie de Rosans, il reprend le dessin d'un sceau de Jordan de Rosans de 1283.

Le plus ancien document dans lequel le nom de Rosans semble être mentionné, est le testament d'ABBON, qui en 739 lègue à l'abbaye de Novalaise les propriétés qu'il possède à "Rodanone". Le nom de Rosans vient-il des roses trémières qu'un chef sarrasin y cultivait , d'après une légende souvent citée ? explication charmante, trop belle pour être vraie. Il est hautement probable que Rosans provient du nom d'un domaine gallo-romain terminé par le suffixe "anum" : vraisemblablement "Le domaine de Rosus" ; un surnom latin dérivé de "rosa : la rose" un terme caressant.
Bâti en amphithéâtre sur le versant d'une colline, Rosans est l’antique capitale du Pagus Rosanensis, devenu chef-lieu de canton.
Il a été occupé par les Sarrasins du commencement du IXe siècle au Xe. En 1256 Jordan de Rosans et Dragonnet de Montauban assiègent Montalin de Bruis dans Rosans. La guerre se termine par un traité fait par l'entremise du Dauphin du Viennois et l'évêque de Gap le 25 décembre, avec Montalis de Bruix. Ancien fief dépendant des Mévouillon, Rosans est annexé au Dauphiné avec toute la baronnie, en 1317.
Le territoire de la paroisse a, de tous temps, été partagé entre plusieurs co-seigneuries, dont l'une des plus importantes était liée à la famille "De Rosans". Famille que l'on peut suivre depuis Gaudemar en 1027 jusqu'en 1581. Cette famille tenait sa chatellenie de Rosans des Mevouillon, importante dynastie qui contrôlait toute la région.
Affreusement ravagé en 1390 par Raymond de Turenne à la tête de ses bandes provençales, Rosans est le théâtre de nombreux combats pendant les guerres de religion. Montbrun, huguenot, s'en empara en 1574.
Trescléoux (314 h)
Trescléus

Ripert Géraldi, seigneur de Trescléoux, qui fonde en 1075 le prieuré de Trescléoux, disait tenir cette terre de ses aïeux.
Le haut domaine en appartenait au comte de Forcalquier en 1189; il acheta le tiers de ce fief à Gérard de Padernis pour 10,000 sous melgoriens, et le sixième à Albert de Montclus, beau- frère du précédent, pour 5,000 sous de la même monnaie, le 5 mars de la même année. De même qu'à Orpierre, à Ribiers, etc., les barons de Mévouillon avaient des droits à Trescléoux; Guillaume de Mévouillon-la-Chaup en était coseigneur en 1338.
La famille de Laborel y possédait également une coseigneurie; Rambaud de Laborel est coseigneur de Trescléoux en 1270.
Toutes ces seigneuries particulières furent peu à peu acquises par le Dauphin qui, le 10 février 1334, donna Trescléoux en même temps qu'Orpierre, au seigneur d'Orange.
Depuis lors, Trescléoux et Orpierre furent étroitement unis, eurent les mêmes seigneurs et suivirent les mêmes vicissitudes historiques.
Trescléoux était qualifié, de temps immémorial, de baronnie.
Lagrand (295 h)


La commune n'a pas d'emblème. 1317, 15 août, transaction entre le Dauphin et Bernard de Laborel, prieur, par laquelle celui-ci reconnaît devoir au Dauphin l'hommage, le service militaire et que sa seigneurie est sous la juridiction delphinale pour les causes criminelles.
1390, les troupes de Raymond de Turenne révolté contre le comte de Provence s'emparent de Lagrand et pillent le trésor du prieuré d'où ils emportent une valeur de 1,500 fr. d'or.
1562, 2 septembre, combat entre le chef' protestant Montbrun et La Beaume-Suze, capitaine catholique; l'armée protestante entièrement défaite se replie sur Orpierre.
Le village abrite une foire aux dindes tous les ans et ce depuis plus de 8 siècles.
Orpierre (318 h)
Orpeira
http://www.orpierre.fr/
Les armes suivantes ont été proposées par la Société d'études des Hautes-Alpes en 1974, mais n'ont pas été adoptées par la municipalité.

Ecartelé: au 1er et au 4e, d'azur à la croix d'argent cantonnée de vingt billettes d'or, posées 2, 1, 2; au 2e et au 3e, d'or à deux fasces de gueules.
Elles sont tirées des armes des Taulignan, seigneurs entre  1264 et 1298.

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de sable, à la croix engreslée d'or, cantonnée de 18 billettes de même, cinq posées en quinconce, à chaque canton du chef, et quatre à chaque canton de la pointe ; aux 2 et 3 d'argent, à deux fasces de gueules.
Etape importante sur la route Espagne- Italie via Avignon,  Val Perrus se forma et prit les noms de Vaurpierre puis de Vorpierre. Elle perdit sa consonne initiale, en 1177, pour devenir Orpierre.
De 1100 jusqu'en 1264 régnèrent les barons de Mévouillons qui vendirent Orpierre au Dauphin. Celui ci la donna à Guillaume de Taulignan,qui lui revendit en 1298.
En 1334, le dauphin donne Orpierre à Jean de Chalon, seigneur d’Orange qui érige son nouveau fief en Baronnies. Les Chalon-Arlay sont bourguignons. Le dernier Chalon est tué à Florence en 1530. Les Nassau, qui régneront sur la Hollande, succèdent aux Chalon. Orpierre fut un foyer très actif de propagande protestante dans les Alpes. En 1713, par le traité d’Utrecht, la baronnie d’Orpierre réintègre le domaine royal.

On touve par contre ce blason dans le village qui provient des armes des Chalon-Orange.

écartelé, aux 1 et 4 de gueules, à la bande d'or (Chalon), et aux 2 et 3 d'or, au cor de chasse d'azur, virolé et lié de gueules (Orange) ; à l'écusson brochant sur le tout de cinq points d'or équipolés à quatre d'azur (Genève)
St André de Rosans (147 h)

La commune n'a pas d'emblème. Le prieuré de Saint-André-de-Rosans a été établi à la suite d'une donation d'un clerc, prénommé Richaud,à l'abbaye de Cluny en 988. Les biens donnés s'étendaient sur plusieurs communes situées aux confins des hautes-Alpes et de la Drôme, mais aussi dans le Vaucluse (Malaucène) ou dans les Alpes-de-Haute-Provence (Mison). Le prieuré subsiste jusqu'à la Révolution, mais il est en grande partie détruit à l'occasion des guerres de religion. Il fut souvent confondu, jusqu'au XIXe siècle avec un temple consacré à Bacchus tant son décor lié à la vigne est important. Les spécialistes ont reconnu dans ces lacs de pampres la feuille du cépage Paga Debiti.
Ribeyret (107 h)
Ribeiret

Le haut domaine de Ribeyret appartint jusqu'au 2 septembre 1317 à la famille des barons de Mévouillon. Le 25 juin 1282 Jordan de Rosans fait hommage à Raymond de Mévouillon d'une part de la seigneurie qu'il possédait. La plus grande partie de cette terre appartenait, au XIIIe siècle, à la famille d'Alauson
Laborel (102 h)
http://jef.laborel.free.fr/
La commune n'a pas d'emblème. L'existence d'un « Castrum de Leborello » est attestée dès 1291, celle d’une école dans le village dès 1658. De 1699 à la Révolution française, Laborel était contrôlé par la maison Achard-Ferrus.

En 1790, la commune est intégrée au canton de Montauban-sur-l'Ouvèze, puis rattachée au canton de Séderon en l’an VIII du calendrier révolutionnaire. Au XIXe siècle, Laborel est profondément touché par l'exode rural, et manque d'être complètement vidé de ses forces vives par la Grande Guerre. Mais, fait plus remarquable, le village, qui était bâti sur une colline au-dessus du confluent, "descend" dans la vallée vers 1900. Dans les années 1960, l'exode rural s'est arrêté et le village se repeuple lentement, avec un pic l'été dû aux résidences secondaires et aux locaux qui exercent un autre métier en hiver.
Montjay (95 h)
Montjai


D’hermine au chef d’azur chargé d’un loup d’argent.
Les hermines des Mévouillon et le loup des Agoult sont présent sur le blason moderne du village.
Cette communauté formait deux paroisses, Montjay et Vaucluse.
Montjay – « Mont de Janus » existait bien avant. Au Xème siècle, il était le fief de Mévouillon, perdu au profit du Dauphin en 1317, puis récupéré par eux en 1397 et gardé jusqu’en 1520. a cette date, François d’Agoult, seigneur de Chanousse acquit Montjay qu’il conserva jusqu’à la Révolution.
En 1737 Thomas d'Agoult, seigneur de Montjay, fut victime d'un assassinat commis dans des circonstances horribles et qui donna lieu à un émouvant procès criminel.
Saléon (75 h)
http://www.mairie-mons83.fr/

De gueules à la fasce echiquetée de sinople et d'argent, de deux traits, accompagnée en chef d'un croissant d'or.
Armoiries adoptées par le conseil municipal en 1968.

En 1848 une pierre portait un croissant sculpté attribué au Sarrazins, origine probable du blason de la commune dans l'armorial.
L'origine du nom serait à trouver dans la source salée qui coulait au pied du coteau sur lequel s'érige le village actuel et dont les habitants utilisaient l'eau salée pour pétrir la farine, ou pour le potage en la diluant d'eau douce (dixit JCF Ladoucette 1848).
Appelée au Moyen Age Castrum Saleonis, la commune est également mentionné dans une délibération de la ville de Sisteron le 18 novembre 1390 sous le nom de Celeoni. Il est fait référence également à la présence d'un pont sur le Buëch à cet époque, remplacée par un bac puis un pont en fil de fer jusqu'en 1843. Il était situé probablement à l'emplacement de l'actuel pont de Pont Lagrand.
Saléon appartient au Moyen Age à la puissante baronnie des Mévouillon, puis Armand du Grisail est donné comme seigneur de Saléon en 1435. Lantelme de Bonne (1460-1541) est mentionné vers 1491 comme Prieur de Saléon.
En 1597 Robert David de la maison Ferrus Des Achards, seigneur de Sainte-Colombe et Saléon. Il cède la commune pour 1900 écus à Daniel D'Armand (seigneur de Saléon, Vors, baron de Lus) en 1602 qui la revend à un certain Jean Falcon, sieur des Herbeys, avec un droit de rachat. Sa fille Marguerite Armand de Lus, Dame de Saléon, en usera et avec son mari Florent de Renard, conseilleur du Roy, fils d'un proche de Lesdiguières, céderont en 1640 Saléon au seigneur François d'Yse, époux d'une petite cousine de Marguerite, Suzanne Armand . Jean D'Yse de Saléon, évêque de Rodez puis de Vienne est son petit fils.
Sorbiers (38 h)
La commune n'a pas d'emblème. Les seigneurs de Sorbiers étaient les mêmes que ceux de Ribeyret
Moydans (48 h)
Moidans
La commune n'a pas d'emblème. Le haut domaine de Moydans appartint d'abord aux barons de Montauban; Hugues-Adhémar de Loubières le vendit, en 1302, au Dauphin avec tous ses autres domaines. Guy, frère de Jean II, dauphin, reçut ces terres eu apanage en 1307, mourut en 1317 en les transmettant à son frère Fleuri, évêque élu de Metz, qui, le 5 décembre 1327, échangea Moydans avec Guillaume Auger contre une terre que ce dernier possédait à Crémieux (Isère), du chef de sa femme Gillette Aynard. Guillaume Auger céda son acquisition à la famille de Morges. La seigneurie inférieure appartint d'abord à une famille de Moydans; André de Moydans vivait en 1173.
Sainte Colombe (52 h)
Santa Colomba

La commune n'a pas d'emblème. Au VIe siècle, des religieux du monastère de Lerins se sont établis à Sainte-Colombe.
Invisible de la vallée, le village de Sainte-Colombe a été un refuge au temps des raids sarrasins (Xe siècle) et des guerres de religion.
La dynastie des seigneurs de Mévouillon a dominé le pays des Baronnies, dont Sainte-Colombe, vers l’an mil jusqu'au milieu du XIVe siècle.
Le 13 novembre 1597, Robert David, de la Maison Ferrus-des-Achards, vend à Bathalzar d'Abel d'Orpierre la terre et la seigneurie de Chevalet pour le prix de 480 écus.
Chanousse (44 h)
Chanossa
La commune n'a pas d'emblème. Le haut domaine de Chanousse appartint jusqu'au 2 septembre 1317 à la famille des barons de Mévouillon, puis au Dauphin à partir de cette époque.
Etoile Saint-Cyrice (34 h)

La commune n'a pas d'emblème. Au XIVe siècle, Étoile était déjà érigé en paroisse; en 1516 il formait une seule paroisse avec Villebois (Drôme); il en fut détaché de nouveau avant 1646 et placé sous le vocable de sainte Madeleine.
La paroisse, ainsi que le prieuré de Saint-Cyrice, existaient déjà en 1173 sous le vocable du saint dont le village porte le nom. L'église paroissiale de Saint-Cyrice date du XIIe siècle. Elle est placée sous le vocable de saint Cyr et de sainte Juliette
Guillaume de Mévouillon la rendit, vers 1396, la seigneurie d'Étoile à Henri, Jacques et Gabriel Cruel, frères, pour 1400 florins. Dans l'acte d'acquisition de 1396 étaient comprises les terres d'Étoile, Laborel et Villebois qui restèrent toujours unies
1936: Etoile devient Etoile le Chateau
1969: Fusion entre Etoile le Chateau et Saint Cyrice
Villebois les Pins (18 h)
http://www.genea26provence.com/
La commune n'a pas d'emblème. Castrum de Villabosco en 1317
Possession des Bertrand Raimbaud, puis des Ollivier, puis des Bérenger Osasicca et enfin des Gruel
1920: Villebois devient Villebois les Pins
Nossange et Bénévent (12 h)
Nossatge e Benevent
La commune n'a pas d'emblème. Bénivent  fut rattaché avant le Révolution Française.
Dépendance de la paroisse de Lagrand dont le prieur en était seigneur.
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